Final Cut Pro X.1, un test.

– En fait, toute ta vie ne dépend que d’un logiciel. Si Apple décidait de l’arrêter, tu n’aurais plus qu’à disparaître.

Une fois de plus, Léontine ambitionnait de m’énerver. Je detestais cette façon qu’elle avait d’appuyer systématiquement là où ça ne sert à rien d’appuyer puisque que ça fait mal. Elle avait dit cela avec une naïveté feinte qui, de toute façon, ne collait pas vraiment avec les figures que ses jambes faisaient effectuer à sa petite culotte. Mais, allongée sur le ventre, le contour de ses fesses éclairées en contre-jour, Léontine avait tout de même de la gueule.

Pourtant, elle avait tort cette fois.

– Tu te trompes lourdement : je t’ai toi. Et quelques unes de tes amies.

– Ha oui, c’est vrai, soupira-t’elle. C’est toujours 200€ ? L’argent est sur la console à droite de la porte.

– Merci toi !

Je lui posai un rapide baiser et finis de m’habiller. Mais c’est à ce moment-là du récit qu’arriva José, l’aide soignant méridional. Il me lança un regard alors qu’il tendait de manière vindicative un déambulateur à Madame Leckvac.

– Bonjour Léontine, il va être l’heure de vous habiller. Nous sommes dimanche et vos petits-enfants vous amènent au restaurant. Vous n’avez pas oublié, j’espère ?

Oui, l’année 2013 avait été vraiment difficile pour moi.

Je pris cette intrusion comme le signal du départ, fis une dernière bises à la cantonade, passai par la console à droite de la porte et sortis de la Résidences des Chrysanthèmes.

Mais en chemin, la pique de ma douce cliente me hantait : et si Apple arrêtait effectivement le développement de Final Cut Pro X et abandonnait le monde professionnel ?

Heureusement, un peu de bon sens et quelques lexomils me permirent de me calmer.

Pour commencer, il y avait eu la sortie du nouveau système d’exploitation : Maverick. Certaines technologies professionnelles, qui étaient à la traine chez Apple depuis plusieurs années, se voyaient mises-à-jour. Puis il y avait l’arrivée des nouveaux Mac Pro qui ne semblaient vraiment s’adresser qu’aux professionnels en général, et à ceux de l’audiovisuel en particulier. Enfin, il y avait Final Cut Pro X lui-même qui passait à la version X.1. Et c’est de lui que nous allons parler maintenant.

Major Leagues

En 1994, alors que la première version de Final Cut Pro n’était absolument pas encore sortie, Pavement publiait leur deuxième album intitulé Crooked Rain, Crooked Rain. Certainement le meilleur album de cette année-là, où chaque chanson est un mélange incroyable de « branlitude » totale et de tube imparable. Bref, bien que beaucoup plus accessible que leur précédent Slanted and Enchanted, Pavement reprenait le flambeau du « plus grand groupe de rock de tous les temps » qu’avait laissé les Pixies après leur dissolution deux ans auparavant, et livrait, sans y toucher, un album majeur et étonnant.

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La mise-à-jour X.1 de Final Cut Pro est à l’image du chef d’œuvre de Pavement : majeure et étonnante. Elle regorge de plusieurs fonctionnalités et nouveautés mais pas forcément celles que l’on attendait. En effet, Apple a surtout revu et solidifié les fondations et les bases du logiciel, alors que l’on espérait plutôt le déploiement du potentiel de plusieurs de ces concepts (comme les Rôles notamment). Donc, pour cette version, point d’amélioration du mixage audio, de l’interface lors du compositing ou d’organisation de la Timeline. À la place, un moteur amélioré et une nouvelle gestion des medias.

  • Sous le capot

Il est difficile de savoir si Final Cut Pro X.1 va plus vite que son prédécesseur quand on ne fait pas de tests comparatifs. Très difficile.

Cependant, nous avons pu essayer le logiciel sur un Mac Pro 2013  milieu de gamme (6 cœurs, tout noir, vraiment discret). Il est évident que les choses vont plus vite sur ce dernier et qu’Apple a fait du bon boulot dans l’optimisation et la gestion de plusieurs cartes graphiques.

N’ayant pas spécialement de projets longs courts personnels utiles quelconques sous la main en ce moment, je me suis rabattu sur le test Linda, du nom d’un court métrage de Corinna Larcher et Audrey Krieff-Dunelle, tourné en RED 4K et monté par mes soins. Je n’allais pas remonter le film mais l’idée était de voir comment réagissait le logiciel avec des projets plus ou moins longs.

Pour la petite histoire, les rushes étaient sur un disque dur USB 3, se composaient de 229 fichiers et pesaient 603Go pour une durée de 4h25min.

Comme monter en RED n’est pas toujours possible pour des problèmes d’espace disque, j’ai lancé un encodage en Apple Pro Res Proxy, la version du codec d’Apple qui sert à monter offline. La première surprise fut de constater que le temps encodage de tous les plans n’était que 3h43min, soit moins longtemps que la durée des rushes. A priori, je n’ai pas fait d’erreur de calcul, mais sait-on jamais…

J’ai donc ensuite fait semblant de dérusher, de synchroniser et de monter. La navigation dans les rushes avec le skimmer est très fluide, et s’il y a un petit temps de latence d’à peine une seconde quand on lance la lecture, dans l’ensemble tout cela répond bien TANT QUE vous êtes en offline (en utilisant l’Apple Pro Res Proxy) ou en « Meilleure Performance » quand vous lisez du RED natif. En revanche, si vous demandez à Final Cut Pro de lire en « Meilleure Qualité », la lecture saccade. Je n’ai pas pu vérifier si cela restait vrai en utilisant l’Apple Pro Res 4444, il se faisait tard. Il est à noter d’ailleurs que le menu pour changer la qualité de lecture ne se trouve plus dans les Préférences mais dans le menu en haut à droite du Canevas.

Toujours est-il, qu’en dehors du réglage « Meilleure qualité », le montage se révèle plutôt fluide. La Timeline est réactive, les outils de Trim répondent bien, bref tout est normal sur un projet de 15 minutes au final.

Du coup, j’ai dupliqué le montage plusieurs fois sur la Timeline pour qu’il finisse par durer 1h58min. Et là encore, tout réagissait bien : que ce soit le déplacement de plans, le Trim et même l’ouverture du projet qui ne prenait qu’une douzaine de secondes. Comme je ne suis pas assez costaud pour frapper les gens dans la rue, j’ai continué à m’acharner sur ce pauvre Mac Pro et j’ai fait plusieurs « versions » de ce projet long ainsi qu’un projet de 9H23 en HD en mettant tout un tas de rushes ensemble dans différents format. Hé bah, tout marchait encore. Et l’ouverture des projets restaient grosso modo le même.

Il aurait fallu vraiment pouvoir monter toute la journée pour voir si Final Cut Pro ne ralentissait pas au bout de quelques heures. En effet, d’après quelques témoignages, cela semble lui arriver de temps en temps mais il est difficile de savoir si cela vient de l’ordinateur, du logiciel, du disque dur… Nos meilleurs limiers sont sur le coup.

Mais revenons aux performances brutes. Le plan d’ouverture de Linda est un long mouvement Malickien au steadicam qui suit deux amants courant dans les champs. Il faut savoir qu’il y a deux positions dans les steadicams :

– la haute : qui permet de filmer à une hauteur normale

– la basse : pour être prêt du sol

Passer de l’une à l’autre est assez compliqué car il faut enlever la caméra, débranché tous les câbles, etc… Du coup, les steadicamers restent en position haute et retourne simplement le bras de leur steadycam pour que la caméra soit plus basse. C’est beaucoup plus rapide. La contrepartie est que l’on filme à l’envers et que les comédiens ont la tête en bas. Mais comme on le dit sur le tournage : « ils verront ça en post-prod ».

A voir en post-prod donc.

Lors du vrai montage de Linda sur Final Cut Pro 7, l’application d’un effet de « retournement » sur un plan en 4K nécessitait de longs moments de calculs sur mon vieux Mac Pro de 2006. Là, je n’ai pas eu besoin de rendre, le plan se lisait sans soucis à la volée. Même l’ajout d’un étalonnage primaire et d’un secondaire avec un masque qui se déplace n’a pas nécessité de calculs pour être prévisualisé en Proxy ou en « Meilleure Performances ».

Vu en post-prod.

Au final, sur les 15 minutes de ce faux montage, j’ai appliqué divers effets sur 4min40s de film (recadrage, retournement, zoom, étalonnage, titres…). Les rendus ont pris 14min37s en online (les rendus se faisant en Apple Pro Res 4444 dans ce cas) et seulement 3min14s en offline (avec des rendus en Proxy donc).

Il semble qu’Apple est fait de gros progrès sur les temps de traitement de l’Apple Pro Res Proxy qui devient vraiment un codec intéressant pour monter en basse qualités des formats en 4K sans forcément avoir une machine surpuissante. Surtout que la conformation avec les rushes natifs est vraiment un jeu d’enfant sur Final Cut Pro X.

Alors, bien sûr, tout cela ne reste qu’un test très succinct et il aurait mieux valu utiliser le logiciel dans des vraies conditions  de montage. Mais cela donne une petite idée et l’impression générale est que Final Cut Pro X semble tout à fait capable de gérer des projets longs et gourmand en ressources. Des témoignages arriveront sûrement au fur et à mesure et la rumeur veut qu’un gros film américain soit monté sur Final Cut Pro X en ce moment.

  • La grande Bibliothèque

L’autre principe de base revu en profondeur est la gestion des médias. Apple a tout simplement abandonné la dichotomie entre les rushes d’un côté (dans les Évènements) et les montages (dans les Projets) qu’elle avait instaurée depuis la première version de Final Cut Pro X.

Je dois avouer que je m’étais bien habitué à cette séparation. D’une part, je trouvais pertinent d’avoir des montages qui pouvaient piocher dans plusieurs banque de rushes ; de l’autre, Final Cut Pro X se chargeait de créer et de ranger les rushes sur mon disque dur, et tant que l’on passait par le logiciel pour les gérer, tout allait bien. Cela changeait de Final Cut Pro 7 où il fallait tout de même surveiller sur quels disques étaient éparpillés les rushes.

Cependant, les limites de cette méthode séparatiste apparaissaient dés que l’on voulait gérer les médias « à la main ». Par exemple, lors de la copie d’un montage sur un autre disque : il n’était pas évident de savoir quels Projets et Évènements étaient à copier. Et puis, le logiciel chargeant tous les Projets et Évènements au lancement, il avait tendance à ramer.

La nouvelle version apporte une réponse à ces principaux problèmes en mélangeant joyeusement un peu de Final Cut Pro 7, un peu du X et un soupçon d’AVID, tout ça en introduisant un nouveau concept : les Bibliothèques que l’on abordera dans quelques instants.

Car d’abord, il y a la refonte de l’existant. Même si les Projets n’ont pas changé et qu’ils sont toujours synonymes de montages (ou Séquence suivant l’antique terminologie), les Évènements, en revanche, ne sont plus uniquement des banques des rushes : ils peuvent désormais contenir des Projets. Mais pas obligés.

En fait, les Évènements sont devenus plus « malléables » : ils peuvent être utilisés comme une banque de rushes à l’instar des versions précédentes de Final Cut Pro X ; ou plutôt comme un revival des projets de Final Cut Pro 7 en contenant des rushes et des montages ; ou encore comme une bibliothèque de montages en ne contenant que des Projets utilisant des rushes se trouvant dans d’autres Évènements.

Pour corser le tout, un nouvel étage hiérarchique est apparu : la Bibliothèque.

Il s’agit d’une sorte de container ultime dans lequel on trouvera un ou plusieurs Évènements. C’est une boite supplémentaire qui sert à ranger. L’intérêt de ce concept ne saute pas forcément aux yeux a priori mais, comme souvent, cela s’avère très pratique à l’usage. Par exemple, contrairement aux version 10.0.x, on peut fermer les Bibliothèques et donc ne pas avoir tous les Évènements et les Projets actifs tout le temps.

D’autre part, si la Bibliothèque est un gros container dans Final Cut Pro X, elle l’est aussi sur le disque dur. En effet, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un bundle, c’est-à-dire une sorte de dossier qui cache son jeu en ressemblant à un document (ici un .fcpbundle) et dont le contenu n’est pas accessible simplement. L’intérêt est que, dorénavant, un simple fichier (le .fcpbundle) peut contenir tous les rushes et les montages d’un projet. Pour peu que votre Bibliothèque soit sur un disque dur externe, vous pourrez ouvrir et continuer votre travail sur une autre machine sans vous soucier de savoir si vous avez pris tous les éléments. C’est en fait, beaucoup plus simple que Final Cut Pro 7 et plus puissant que sur les versions ultérieures de la X. Que demandez de plus ?

Hé bien, déjà qu’Apple ne traduise pas Library dans le menu Fichier par Photothèque (alors que partout ailleurs, c’est bon), que plusieurs utilisateurs puissent ouvrir une même Bibliothèque en même temps pour faire un vrai travail collaboratif, ainsi que tout un tas de petites améliorations qui simplifieraient la vie.

Tout cela peut paraître assez perturbant au départ, mais au final, cette nouvelle organisation permet de s’adapter au type de montage sur lequel on travaille. C’est justement son côté abstrait qui en fait toute sa force.

En effet, une Bibliothèque pourra tout aussi bien être attachée à un client particulier avec lequel vous avez l’habitude de travailler. Dans ce cas, chaque Évènement correspondra à un film particulier regroupant les montages et les rushes comme cela était le cas sur Final Cut Pro 7.
Mais, vous pourrez aussi vous servir aussi des Bibliothèques pour classer vos travaux par catégories.
Ou encore, associer une Bibliothèque à un projet de long, où chaque Évènement contient les rushes d’une scène avec, éventuellement, son bout-à-bout et un pré-montage. Les montages finaux pourront eux, se trouver dans un dernier Évènements qui ne contiendra qu’eux.

Motion Suggests Itself

Dans les 3 années qui suivirent la sortie de Crooked Rain Crooked Rain, Pavement publia deux autres albums fabuleux : Wowee Zoowee en 1996 et Brighten the Corners en 1997. Rien que ça. Ces deux albums fouillaient le même sillon foutraque où le tout se mélange génialement avec le n’importe quoi, où un chanson commence comme un slow avant de devenir une surf song et finir par un riff gras. L’excellent Father to a Sister of Thoughts, tiré de Wowee Zowee, donne une petite idée de ce qui a fait mon bonheur lors de ma licence à Paris VI.

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C’est quand même cool d’être si cool.

Hé bien, la mise-à-jour X.1 de Final Cut Pro est encore à l’image de la musique de Pavement : il y a plein de trucs dedans complètement disparates, mais au final, c’est bien. En effet, à côté de ces changements plus ou moins sous-terrains, Apple  a aussi profité de cette nouvelle version pour apporter pas mal de nouveautés et d’améliorations.

  • SAUVEGARDES AUTOMATIQUES

Par exemple, la nouvelle version voit le retour des sauvegardes automatiques. Sauf que cette fois, ça n’est plus seulement les Projets que l’on sauvegarde mais toute la Bibliothèque. Il est donc possible de la restaurer très facilement. Bien entendu, la sauvegarde automatique ne concerne que le « travail » proprement dit et ne duplique pas les médias.

L’emplacement de ces sauvegardes automatiques se choisit dans les Préférences de Final Cut Pro. En revanche, elles se font tous les quart d’heures sans possibilités de changement.

 

  • VITESSE

La gestion des accélérés et des ralentis a été améliorée et complétée aussi. Il y’a a maintenant bien plus d’option dans le menu « Resynchronisation » (qui n’a toujours pas été retraduit) dont le très sibyllin « Couper la vitesse à la tête de lecture » qui permet d’obtenir deux segments de vitesse indépendant autour de la tête de lecture, ce qui n’est pas beaucoup plus clai

On notera aussi, la réapparition de la fenêtre de vitesse, qui partage beaucoup de points communs avec son ancêtre de Final Cut Pro 7 dont une traduction plus que déplorable.
Et enfin, la possibilité de jouer sur la durée des zones de transitions entre deux vitesses pour adoucir le passage entre elles.

  •  MONTAGE

Apple n’a pas oublié d’améliorer un peu les fonctionnalités de montage, ce qui est bien louable de sa part. Alors, si la fenêtre de Trim fait toujours partie des grands absents, les quelques nouveautés ajoutées n’en sont pas moins les bienvenues.

– Par exemple, ll est maintenant possible de voir la partie d’un rush qui a été montée. Cette fonction, jamais présente sur Final Cut Pro 7, avait quand même réussi à manquer à tout un tas d’utilisateurs qui devaient être persuadés de l’avoir vue auparavant.

En revanche, la barre orange qui symbolise la partie du plan déjà montée n’apparait que dans le Navigateur et il n’y a toujours pas moyen de voir les plan en doublons sur la Timeline. De plus, cette nouvelle fonctionnalité ne semble pas marcher sur les plans synchronisés.  Enfin, un petit bug est venu s’inviter à la fête car, s’il est possible de n’afficher dans le Navigateur que les parties inutilisées grâce au raccourci clavier CTRL+U, Apple a oublié d’inclure cette option dans le menu de présentation en haut à gauche.

Encore un effort et ça sera parfait.

– Sinon, une nouvelle commande de TRIM apparaît : “Elaguer jusqu’à la tête de lecture”. C’est la position de la tête de lecture/Skimmer dans le clip qui va choisir automatiquement  un « Trim sur le début » ou un « Trim sur la fin ». Elle partage le raccourcis clavier de la commande « ajuster à la sélection » : CTRL+ALT+U

– À noter que dorénavant, appuyer sur ALT pendant une opération de TRIM permet d’avoir le visualiseur en mode détaillé (ou pas). On obtient en fait le réglage inverse des préférences.

– Pour finir avec le Trim, il est possible de faire un Roll à la souris sur une audio développée. Si vous ne comprenez pas cette phrase, dites-vous que vous avez de la chance.

– Toujours au niveau des ajouts, les fausses coupes sont de nouveau matérialisés (par des petits pointillés, très discrets) et il redevient possible de les supprimer. Youhou ! Il suffit simplement de les sélectionner et d’appuyer sur la touche DELETE ou d’utiliser la commande du nouveau menu TRIM « joindre les plans » (qui ne possède pas de raccourcis clavier).

Si l’on regarde bien, on aperçoit des petits pointillés sur le plan symbolisant une « fausse coupe »

Final Cut Pro X.1 signe aussi le retour du “montage 4 points”. En effet, dans le menu « Remplacer », une nouvelle option est arrivée : « Remplacer avec Adapter par resynchronisation ». Comme c’est nouveau, la traduction est en Vulcain classique mais dans 2 ans, on comprendra ce que cela veut dire. Pour le moment, les exégètes suggèrent « Remplacer en Adaptant la durée », ce qui revient à ralentir ou accélérer la sélection d’un plan pour que sa durée corresponde avec une durée choisie sur la Timeline. Un Fit to Fill quoi !

– Enfin, plus ésotérique, les plans Multicams se comportent enfin comme des plans normaux. Il est donc maintenant possible de ne monter que l’image ou le son d’un plan Multicam, mais aussi de faire des splits audio. L’absence de cette fonction avait failli pousser quelques monteurs au suicide.

  • COMPOSITING

Quelques nouveautés là-aussi, mais pas de grandes révolutions dans l’interface.

– Un clic droit dans les cadres de réglage de l’effet Ken Burns (Recadrage) affiche un menu d’option pour les vitesse de début et de fin de ce dernier. Le mouvement peut donc être amorti ou, au contraire, linéaire.

– Il est aussi possible de sélectionner plusieurs points clés pour les déplacer ensemble. En revanche, il n’y a toujours pas d’éditeur de courbes pour la plupart des paramètres que l’on peut changer.

– Enfin la 4K étant la nouvelle marotte de l’audiovisuel mondial, il est possible d’afficher seulement les Effets, Titres et Transitions compatibles avec ce format. Pourquoi pas, après tout.

 

  • DIVERS

Pour finir, voici d’autres petites nouveautés glanées au fur et à mesure de l’utilisation de Final Cut Pro X.1.

– Retour triomphal du “point virgule” pour les timecodes DROP FRAME, ce qui est souvent le cas pour les plans en NTSC. 

– Si aucun plan n’est sélectionné dans la Timeline, un point blanc sur le tête de lecture rappelle quel plan l’inspecteur reflète.

– Il est maintenant possible de faire n’importe quoi, puis de pleurer sur son sort, en créant des projets avec une taille exotique.
– Deux nouveaux « Type de plan » font leur apparition dans les filtres des Collections Intelligentes : Projet et Synchronisé. Ceci permet de créer des collections de plans qui viennent d’être synchronisés ou de n’afficher que les projets ayant été crées lors des 2 derniers jours par exemple.

– Les Auditions crées dans un Projet apparaissent maintenant aussi dans le Navigateur.

– Quelques bugs ont été corrigés comme celui qui affectait l’animation du Rognage. En revanche, synchroniser un son multipiste est toujours aussi Tricky et il arrive encore que le son apparaisse offline alors qu’il n’en est rien.

– Il est indéniable qu’un effort de traduction a été fait et, même s’il reste pas mal d’effort à fournir, on ne peut que s’en réjouir.

– Pour gagner en place, le navigateur peut maintenant être masqué grâce au raccourci : CTRL+CMD+&. Pratique sur les petits écrans.

– Dans l’onglet Infos de l’Inspecteur des plans, un menu d’espace de couleur (dont il faudra bien un jour on comprenne de quoi il s’agit) fait son apparition.

– Toujours dans l’onglet Infos, un bouton permet d‘Afficher dans le Finder le media, qu’il soit référencé (extérieur) ou non (dans la Bibliothèque).

 
– On peut dorénavant créer des archives de cartes où l’on veut dans les disques. Le dossier « Final Cut Camera Archives » est obsolète et l’on peut voir et ouvrir enfin les Archives dans la fenêtre d’importation.

Elevate Me Later

Voici donc un petit tour d’horizon de Final Cut Pro X.1. Il est sûr qu’un vrai test en condition réelle permettrait de savoir mieux comment se comporte le logiciel en situation de stress.

Pour cette version, Apple a renforcé, de nouveau, les bases de son logiciel et a fini par apporter des réponses intéressantes, élégantes et assez abstraites. Au fur et à mesure de l’utilisation des Bibliothèques, on finit par remarquer le potentiel qu’elles réservent dans le cas d’un montage collaboratif.

Mais c’est justement un peu la limite de cette mise-à-jour pourtant majeure : c’est encore ce qu’elle promet qui est le plus excitant, et il serait maintenant de bon ton qu’Apple débride le potentiel proposé par certains outils pour amener vraiment Final Cut Pro X à un tout autre niveau.

Mais, si nous avions déjà dit que la version X.0.6 permettait déjà de faire son travail de façon plus que sérieuse et bien plus efficacement et agréablement que sur la version 7, c’est d’autant plus vrai avec cette nouvelle mouture.

Et quelque part, faire un logiciel qui ne peut que s’améliorer, n’est-ce pas cela la vraie définition du bonheur ?

Toujours est-il qu’après un dernier album en 1999, Terror Twilight, Pavement se séparait et laissait un grand vide que personne ne remarqua. Pourtant quand ils firent une tournée de réformation 10 ans plus tard qui passa par le Zénith de Paris, avec un son dégueulasse, j’ai sauté, chanté, crié et pleuré. J’avais 20 ans, encore une fois.

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